Aventureuse et précise, la guitare de Tcheka déverse des émotions pour le moins lunatiques. Capables d’évoquer le drame (Madalena) autant que l’énergie salvatrice (Moça de classe), les douze chansons de ce dernier opus plongent sans détours dans l’univers original du musicien capverdien. Rythmes agités aux accents métissés d’Océan Atlantique, voix tour à tour enfantine et profonde, Tcheka ne cesse de poser l’ancre là où on ne l’attend pas. Dans la lignée de ses précédents albums, il surprend par ses changements de tempo et d’atmosphères qui frôlent la noirceur maritime et la clarté du matin. Accompagné par la basse de Guy N’Sangué et l’accordéon de Régis Gizavo, on assiste à l’éclipse dès les premières notes lancinantes de Storia Estrada. Aveuglant.